« Hans Hartung et la photographie », 5 juin – 25 septembre 2016, Museum für Gegenwartskunst, Siegen

« Hartung et la photographie »
Museum für Gegenwartskunst, Siegen, Allemagne
Du 5 juin au 25 septembre 2016

La Fondation Hartung-Bergman possède, outre son fonds d’œuvres sur papier, de toiles et d’estampes, environ 30 000 photographies réalisées par Hans Hartung. Chez ce dernier, la photographie, aussi bien comme pratique autonome que dans sa relation à la peinture, constitue un champ de recherches incontournable pour l’institution. L’exposition « Hartung et la photographie », fruit d’une collaboration entre le Museum für Gegenwartskunst de Siegen et la Fondation – qui a prêté plus de 160 tirages d’époque ainsi que des planches-contacts – marque une étape importante dans la connaissance de ce pan du travail de l’artiste. Les photographies exposées seront mises en regard d’œuvres sur papier et de peintures, notamment issues des collections de l’institution allemande. Rappelons que depuis 2001, ce musée conserve la collection Lambrecht-Schadeberg, qui regroupe les artistes ayant reçu le Prix Rubens de la Ville de Siegen. C’est d’ailleurs Hans Hartung qui est le premier à être honoré par ce prix, décerné en 1958. L’exposition présente à la fois des clichés montrés de son vivant (notamment lors de la rétrospective « Hartung photographe » au Centre Pompidou en 1982), et des séries d’épreuves inédites distillant de nouveaux points de vue sur la façon de concevoir la photographie par l’artiste.

Souvent mise en parallèle avec son œuvre picturale, la photographie de Hartung est indéniablement habitée par les mêmes motivations. Il dira d’ailleurs à ce propos: « […] J’ai photographié tout ce qui m’intéressait dans ce monde : êtres humains, nuages, eau, montagnes, fissures, taches, et toutes sortes d’effet de lumière et d’ombre, qui – quelquefois – ont une relation plus ou moins étroite avec ma peinture ». Mais au-delà de son intérêt pour la captation d’un répertoire de formes – vues aussi bien dans des enchevêtrements de racines que dans la chevelure des modèles de ses nombreux portraits – c’est la technique elle-même dans son aspect expérimental qui le fascine. Dès 1932, il colle, peint et grave directement sur des plaques photographiques en verre. En 1954, il produit une série de photographies de cailloux aux titres évocateurs (Dieu lépreux, Guerrier grec casqué…), laquelle sera reproduite en 1974 dans le recueil de Jean Tardieu Poèmes et légendes, édité par Albert Skira. Dans les années 1960, il joue sur les temps de pose créant des effets de lumière que l’on retrouve notamment dans ses toiles faites au spray à cette même période. La saisie de l’instant est source d’inspiration pour Hans Hartung, ce dont témoigne sa technique du report par la mise au carreau – procédé caractéristique de l’artiste jusqu’aux années 1960 –  et qui apparait comme une manière de figer sur la toile l’intensité et la spontanéité du geste exercé au préalable sur le papier. C’est aussi la démultiplication des images qui l’intéresse : la commercialisation d’appareils photos de petits formats l’encouragera à « mitrailler » tout ce qui l’entoure, notamment à l’aide de son Minox et de son Leica. De la même manière, dans son œuvre ultime (1986-89), Hartung augmente considérablement sa vitesse de production – malgré son handicap – en utilisant des pulvérisateurs de jardin et des pistolets airless, réalisant alors des toiles en quelques minutes ; cette vélocité n’étant pas sans rappeler la vitesse du procédé photographique.

L’exposition « Hartung et la photographie » a donné lieu à l’édition d’un catalogue aux éditions Hirmer. Il présente sous forme thématique des séries de tirages photographiques de Hans Hartung que viennent éclairer des textes, en particulier ceux d’Eva Schmidt, directrice du Museum für Gegenwartskunst, et d’Inès Rüttinger, commissaire de l’exposition.

Hans Hartung et la photographie/Hartung und die Fotografie
Editions Hirmer– Fondation Hartung-Bergman
ISBN: 978-3-7774-2649-5

Lien vers le site du Museum für Gegenwartskunst, Siegen: Cliquer ICI

Illustration: Hans Hartung, Autoportrait, 1966, épreuve gélatino-argentique

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