biographie

(Complétée par des extraits de l’ « Autoportrait » de Hans Hartung)

1904

Hans (Heinrich Ernst) Hartung est né le 21 septembre à Leipzig ; il a une sœur âgée de trois ans. Son père est médecin, de même que son grand-père du côté maternel qui, en plus de son activité professionnelle, est un peintre amateur ainsi qu’un musicien enthousiaste. Par lui, par l’influence qu’il a eue sur ma mère, nous vivions imprégnés de peinture et de musique(…) Chez nous la musique accompagnait l’air qu’on respirait. Déjà petit garçon il dessine beaucoup dans ses cahiers d’écolier ; il est fasciné par les éclairs d’orage qu’il fixe sur le papier à l’aide d’innombrables lignes en zigzag tracées avec fulgurance. J’éprouvais devant les orages une terreur ensorcelante, je vibrais sous leur force, sous leur puissance. Mes cahiers d’écolier se remplirent de pages et de pages d’éclairs. Mon père les appelait les « Blitzbücher » de Hans, les livres des éclairs. Mes éclairs enfantins ont eu, j’en suis sûr, une influence sur mon développement artistique, sur ma manière de peindre. Ils m’ont donné le sens de la vitesse du trait, l’envie de saisir par le crayon ou le pinceau l’instantané.

 

1912-1914

La famille déménage pour aller à Bâle où le père occupe un emploi dans la recherche pharmaceutique (CIBA). L’astronomie et la photographie enchantent le petit Hans ; il se construit lui-même un télescope auquel il adapte un appareil photographique tout simple. Au cours des vacances dans les montagnes bernoises il dessine des paysages. En 1914 tout le monde retourne à Leipzig à cause de la guerre.

 

1915-1924

Le père est muté en tant que médecin-chef à l’hôpital militaire de Dresde. Je ne dessinais plus les éclairs. Mes carnets de croquis faisaient eux aussi la guerre. Dresde était le centre de construction des zeppelins. Je sus très vite reproduire leurs gros ventres menaçants. Lycée de Dresde et baccalauréat littéraire. Hans est un temps en prise à un profond sentiment en rapport avec la nature et la religion. Il s’enflamme pour Rembrandt, Goya, Frans Hals, Le Greco, et, à partir de 1921, son enthousiasme redouble pour Slevogt, Corinth et les expressionnistes allemands, en particulier pour Kokoschka et Nolde. Il effectue des copies d’après les maîtres anciens dans lesquelles Hartung, comme cela va de soi pour lui, remplace les objets par des taches colorées et des lignes. J’aimais mes taches. J’aimais qu’elles suffisent à créer un visage, un corps, un paysage. Ces taches qui, peu de temps après, devaient demander leur autonomie et leur liberté entières. Les premiers temps, je m’en servais pour cerner le sujet qui, lui, peu à peu, devenait négatif, blanc, vide et enfinsimple prétexte au jeu des taches. Quelle joie ensuite de les laisser libres de jouer entre elles, d’acquérir leur propre expressivité, leurs propres relations, leur dynamisme, sans être asservies à la réalité. En 1922 une série de 33 aquarelles voit le jour au sujet de laquelle Will Grohmann écrira une monographie en 1966. Sans avoir la moindre connaissance de l’art abstrait avant-gardiste, notamment des « Improvisations psychiques » de Kandinsky peintes entre 1913 et 1914, Hartung esquisse dans cette série, à l’aide de couleurs à l’aniline dont les surfaces éclatantes se mêlent les unes aux autres, des compositions d’une haute densité lyrique dans lesquelles la couleur existe exclusivement de par sa qualité autonome. Dans les années 1923-1924 succède à cela une série de dessins au fusain et à la sanguine dont le tracé rythmique lui permet à présent de tester le trait dans ses possibilités à être libre. Dans ces premiers feuillets abstraits on trouve déjà en grande partie le vocabulaire esthétique de Hartung.

 

1924-1925

Étude de philosophie et d’histoire de l’art à l’Université et à l’Akademie für graphische Künste und Kunstgewerbe à Leipzig, il suit les cours de Wilhelm Pinder. En 1925 il assiste à un cours de Kandinsky qui le confronte à d’autres courants de l’art non-figuratif qu’il repoussera par ailleurs pour leur dogmatisme. Son discours sur l’emploi et la symbolique du cercle, de l’ovale, du carré ou du rectangle ne m’avait ni séduit ni convaincu. Je n’avais aucune envie de peindre des serpentins pour figurer l’éternité. La mort de sa mère le 23 mars 1924 incite Hartung à revenir à Dresde où il s’inscrit à l’automne 1925 à l’académie des l’Academie der Künste.

 

1926

L’Exposition internationale à Dresde est l’occasion de la première confrontation à la peinture moderne à l’extérieur de l’Allemagne, avant tout l’impressionnisme français, le fauvisme et le cubisme. Il s’intéresse particulièrement à Rouault et aussi à Matisse, Braque et Picasso. Cette recherche de la plasticité, de l’ordre, de la rigueur, cette simplification des couleurs me donnaient l’impression d’une volonté inouïe de créer pour l’éternité. Il effectue des copies d’après Goya, Frans Hals, Le Greco, Picasso et Matisse. Pendant l’été il entreprend un voyage à vélo à travers la France et l’Italie, il arrive à Paris en octobre. Il visite les musées, les expositions et les académies de peinture privées, toutefois il n’entretient pas de relation avec d’autres peintres.

 

1927-1929

Villégiature dans le sud de la France, à Barcarès et sur la plage de Leucate près de Perpignan ; il en profite pour étudier plus intensément l’art de Cézanne, de Van Gogh, et plus tard des cubistes dont l’influence se fera sentir dans son œuvre jusqu’en 1932. Par la suite il entreprend des recherches approfondies sur les rapports entre l’esthétique et les mathématiques. Je vivais au bord de la plage, dans une cabane de pêcheurs. Je la dessinai inlassablement sous tous ses angles. Dans « mon » cubisme, j’introduisais des lignes, des sections, des rythmes. Peu à peu je me rapprochais de nouveau de l’art abstrait bien que nourri d’expériences contraires. Mais il me fallait des preuves, des certitudes. Je les trouvai dans la Section d’Or dont je m’acharnais à percer les mystères, dont j’analysais toutes les possibilités (…) La Section d’Or est une recherche de l’harmonie, d’une juste balance (…) En cela, j’avais le sentiment de participer aux forces qui régissent la nature. Son étude intensive des lois régissant la section d’or s’étendra sur plusieurs années et sera également perceptible par la suite dans nombre de ses œuvres. Pour le semestre de l’été 1928, il se rend à Munich où il suit les cours de Max Dörner sur les matériaux et les techniques utilisés en peinture. Il étudie différents formats à l’aide de toiles blanches et vides coupées aux dimensions prescrites par la section d’or. Retour en France, voyages d’étude en Hollande et en Belgique. En septembre 1929 il épouse la jeune peintre norvégienne Anna-Eva Bergman dont il avait fait la connaissance au mois de mai lors d’une fête à Paris.

 

1930-1931

Séjour du couple en hiver au bord de la Côte d’Azur. C’est en novembre 1931, à Dresde, que Hartung peut exposer pour la première fois à la Galerie Heinrich Kühl. Le collectionneur Fritz Bienert acquiert une de ses oeuvres. Will Grohmann s’intéresse à sa peinture.

 

1932

Il participe à l’exposition des « Jeunes artistes » à la Galerie Flechtheim de Berlin ; ensuite a lieu une présentation générale avec Anna-Eva Bergman à la Galerie Blomqvist à Oslo. La mort subite de son père provoque une crise profonde dont les séquelles sont de forts troubles nerveux. Sa disparition marqua la fin de notre insouciance. Les années noires commençaient (…) Jusque-là j’avais vécu comme un enfant, sans me soucier du lendemain, comptant sur l’aide de mon père, comme si elle m’était acquise pour toujours. En raison des bouleversements intervenus dans la famille et de la montée de plus en plus perceptible du national-socialisme, Hartung décide de quitter l’Allemagne. Il confie quelques toiles à la Galerie Jeanne Bucher à Paris. À la fin de 1932 il s’installe avec sa femme aux Baléares où ils font construire d’après leurs propres plans, sur la côte nord de Menorca et à proximité du village de pêcheurs : Fornells, une maison toute simple et à l’aménagement monacal. Nous vivions pauvrement mais le bonheur rayonnait de nouveau. Mes nerfs s’apaisaient, je reprenais goût à la peinture.

 

1933-1934

Hartung achève ses tentatives cubistes afin de se tourner à nouveau avec force vers une peinture guidée par l’instinct. J’en avais assez. Un beau jour, j’envoyai tout au diable et je sortis mes anciens dessins, je retournai à mes taches des années 1922-1924 (…) Et je retrouvai la liberté de peindre et de dessiner d’une manière tout autre et dans ma liberté antérieure. Ce fut un grand moment. Son avoir en Allemagne est bloqué, les économies sont passées dans la construction de la maison, les ressources financières de Hartung sont épuisées. En 1934 le couple est forcé de quitter Menorca et d’aller à Paris puis plus tard à Stockholm.

 

1935-1937

Retour à Berlin avec l’espoir  de clarifier sa situation matérielle. Il entre fortement en conflit avec le régime nazi, il est surveillé et interrogé par la police, entre autres à cause de ses contacts avec des camarades d’études juifs et communistes. En octobre, grâce à l’aide de Will Grohmann et de Christian Zervos, il parvient à partir pour la France ; il quitte cette fois définitivement l’Allemagne pour s’installer à Paris. Il se lie d’amitié avec Jean Hélion et Henri Goetz, il rencontre Kandinsky, Mondrian, Magnelli, Domela, Miró et Calder. Aux côtés de ces derniers, Hartung expose également une de ses œuvres à la Galerie Pierre Loeb en 1936. Son premier atelier parisien était situé au 19 de la rue Daguerre. De 1935 jusqu’à la guerre il participera chaque année au salon des « Surindépendants ». En peinture, j’étais devenu résolument tachiste. Mes taches s’étalaient, envahissant toute la surface de la toile. Peinture noire et inquiète qui reflétait mon angoisse, mon grand pessimisme devant l’avenir, série de dessins et de quelques toiles qu’on appellera ensuite « les taches d’encre ». Lors de l’exposition internationale organisée par Christian Zervos au Jeu de Paume en 1937, il est présent avec une grande toile recouverte de bandes noires, T. 1936-14. C’est là qu’il découvre des sculptures de Julio González qui l’impressionnent beaucoup. Au cours de ces années s’accentue – sous la pression de la pauvreté et du manque de matériel – un procédé cher à Hartung qu’il avait déjà éprouvé à Menorca, à savoir la transformation détaillée de dessins produits spontanément en tableaux à l’huile et sur toile. Il avait été encouragé dans cette direction par le conseil de son ami Hélion : -Ecoute, me dit-il, si tu as la possibilité de t’acheter une toile et de peindre l’esquisse que tu as faite, reste fidèle à ton esquisse. N’y change rien. Gardes-en même les accidents, les imprévus qui ont surgi de la technique de l’aquarelle, du crayon, de l’encre ou de la cire. Essaie de rester frais, naturel. C’est très difficile, mais ta peinture y gagnera. Hartung utilisera de façon variée ce procédé jusqu’en 1960.

 

1938

Sa situation financière se dégrade à vue d’œil ; il s’installe dans un atelier plus petit au 8 de la rue François Mouton. Son moral est au plus bas et une grave et longue maladie de Anna-Eva n’arrange rien. Le divorce est prononcé à la demande de Anna-Eva Bergman. L’ambassade allemande lui retire son passeport, son existence entière devient de plus en plus difficile. Il participe à l’exposition « Twentieth Century German Art » à tendance antinazie organisée par les « New Burlington Galleries » de Londres. Il trouve refuge pour un an dans l’appartement de Henri Goetz et travaille dans l’atelier de González auquel une étroite amitié le lie depuis 1937. C’est là qu’il affronte les spatialisations tridimensionnelles ; deux sculptures voient le jour dont une est exposée au salon des Surindépendants.

 

1939

Au printemps, en compagnie de Roberta González, la fille du sculpteur, il fait une exposition de pastels et de dessins à la Galerie Henriette à Paris. Sur les instances de son ami Hélion, les organisateurs du premier Salon des Réalités Nouvelles acceptent un de ses dessins, toutefois sans mention portée au catalogue. Au cas où la guerre éclaterait Hartung s’inscrit sur la liste des opposant volontaires au régime hitlérien. Il épouse Roberta González en juillet. En décembre il est mobilisé et affecté à la légion étrangère puis envoyé en Afrique du nord pour recevoir une formation militaire.

 

1940-1941

Démobilisation après l’armistice ; Hartung revient dans la zone libre de la France et il vit auprès de la famille González qui s’est réfugiée dans le Lot. Il loue ses services comme ouvrier agricole et ne pratique qu’occasionnellement son art.

 

1942-1944

En mars 1942 Julio González meurt subitement. À la suite de l’occupation du sud de la France Hartung prend la fuite en Espagne où il est emprisonné dans les geôles de Figueras, Gerona et au camp de Mirando de Ebro. Il refuse un visa pour les USA que lui propose un ami américain. Après sept mois de captivité il s’engage par sentiment du devoir dans l’armée régulière française pour combattre le fascisme, mais il est renvoyé de force dans la légion étrangère en raison de sa nationalité allemande. En novembre 1944, lors d’une attaque à Belfort, il est gravement blessé ; il devra par la suite être amputé de sa jambe droite. J’avais été mis dans la salle des cas désespérés où, tous les jours, on mettait plusieurs paravents autour de ceux qui étaient en train de mourir (…) Ce qui me paraissait le plus pénible à supporter c’était la pitié que nous inspirions (…) On m’avait coupé la jambe juste au-dessous du genou. Mais au fur et à mesure que les jours passaient et que personne ne se préoccupait de vérifier mon état (…) La douleur de ma jambe devenait intolérable. Je priai, suppliai qu’on ôte mon pansement, qu’on examine ma jambe. Enfin, une infirmière se décida. Il coula de ma jambe une quantité inouïe de pus. « J’ai bien peur que votre genou aussi soit foutu », m’expliqua-t-elle (…) Ce qu’ils firent, sans anesthésie totale – avec tout ce que cela comporte d’horreur -, manquant ostensiblement de médicaments. Lors du transfert à l’hôpital de Toulouse, tous les dessins produits depuis l’arrivée en Espagne sont perdus.

 

1945-1946

En 1945 Hartung retourne à Paris et il reprend le travail. Mes dessins étaient traversés de traits entortillés, étranges, embourbés, désespérés comme des griffures (…) C’était une peinture véhémente, révoltée. Comme moi-même. J’avais le sentiment d’avoir été floué. A part quelques Français qui avaient été mobilisés, les autres peintres avaient tous passé la guerre réfugiés quelque part. Ils n’avaient cessé de travailler, de progresser (…) Je voulais bien jouer les héros mais non passer ensuite pour un imbécile. Hartung obtient la nationalité française ; le gouvernement lui décerne des décorations, parmi celles-ci on trouve la Médaille militaire, la Croix de guerre et il reçoit la Légion d’honneur. Il participe à de nombreuses expositions, par exemple au Centre de Recherches, rue Cujas, avec Domela et Schneider, il  participe à des expositions de groupes à la Galerie Denise René et à la Galerie Colette Allendy. Des critiques d’art comme Charles Estienne, Madeleine Rousseau, Léon Degand et Wilhelm Uhde le remarquent. Une série d’eaux-fortes voit le jour (1946-1947). Afin de subvenir à ses moyens il se livre au commerce de l’art moderne pendant quelques années.

 

1947

À l’occasion de l’ouverture de la Galerie Lydia Conti en février a lieu la première exposition personnelle de Hartung à Paris ; le catalogue contient une préface de Madeleine Rousseau. Hartung fait la connaissance de critiques, de collectionneurs et de collègues peintres comme Soulages, Schneider, Mathieu, Baumeister et Rothko. Le metteur en scène de cinéma Alain Resnais tourne un film sur Hartung qui, par manque de crédits, restera sans bande son. Lors d’un entretien avec Charles Estienne, voici ce qu’il répond à la question concernant la motivation de sa peinture : Il s’agit d’un état émotionnel qui me pousse à tracer, à créer certaines formes afin d’essayer de transmettre et de provoquer une émotion semblable chez le spectateur. Et puis, ajoutai-je, cela me fait plaisir d’agir sur la toile. C’est cette envie qui me pousse : l’envie de laisser la trace de mon geste sur la toile, sur le papier. Il s’agit de l’acte de peindre, de dessiner, de griffer, de gratter. »

 

1948

Exposition de dessins anciens et récents, de 1922 à 1948, à la Galerie Lydia Conti. Il participe à l’exposition itinérante d’art abstrait français en Allemagne organisée par Ottomar Domnick à Stuttgart, Munich, Düsseldorf, Hanovre, Francfort, Wuppertal, Cassel et à l’exposition « HWPSMTB » à la Galerie Colette Allendy à Paris.

 

1949

Publication et présentation chez Domnick Verlag à Stuttgart du premier livre consacré à Hans Hartung dont les textes sont de Madeleine Rousseau et Ottomar Domnick et la préface de James Johnson Sweeney. Des expositions de dessins ont lieu à la Modernen Galerie de Otto Stangl à Munich et à la Hanover Gallery à Londres.

 

1951

Lors de la participation à l’exposition organisée par Louis Carré, Advancing French Art, des travaux de Hartung sont exposés pour la première fois aux USA. Exposition de pastels à la Galerie Louis Carré à Paris en association avec Schneider et Lanskoy ; par la suite, participation à l’exposition « Véhémences confrontées » que Michel Tapié organise à la Galerie Nina Dausset.

 

1952

Hartung est élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur. En février et mars a lieu une rétrospective à la « Kunsthalle » de Bâle. Il expose plusieurs tableaux à la Biennale de Venise. Pour la première fois depuis leur séparation de 1937, Hartung rencontre à nouveau Anna-Eva Bergman qui est retournée en France. Entre nous le charme était toujours aussi puissant (…) Alors, nous avons décidé de nous remarier. Le plus ardu restait à faire : avertir de notre décision nos époux et épouse respectifs. Au cours de ces années les œuvres de Hartung gagnent en clarté et en sérénité, l’amertume et l’esprit de révolte propres aux années d’après-guerre disparaissent peu à peu de ses tableaux.

 

1953

Hartung s’installe avec Anna-Eva Bergman dans un nouvel atelier à Paris situé au 7 de la rue Cels. Expositions particulières à la Galerie Lefevre de Londres et à la Galerie Marbach de Berne. Au cours de l’hiver 1952-1953 une nouvelle série de gravures voit le jour.

 

1954

Exposition de cinquante tableaux, vingt pastels et quinze études graphiques au Palais des Beaux-arts de Bruxelles ; participation à la Biennale de Venise et aux expositions de l’École de Paris à la Galerie Charpentier. Au tournant des années 1954-1955 apparaît un nouvel élément dans la création de Hartung : un coup de pinceau doux, rapide qui donne l’impression de la fugitivité. Nous avons eu la chance les années suivantes (1954 à 1958) de pouvoir passer les printemps et les automnes dans une villa au bord de la Méditerranée. J’y fis alors beaucoup de photos de cailloux, mais surtout des centaines et des centaines de dessins à l’encre de Chine. Ils ont eu une forte influence sur ma peinture de cette époque où de grands signes noirs apparaissent sur des fonds de vert froid très clair, de rouge minium ou d’autres couleurs.

 

1955

Participation à la première Documenta de Kassel ainsi à la Biennale internationale de gravure à Ljubljana à laquelle son oeuvre sera représentée régulièrement jusqu’à 1979.

 

1956

Remise à Hartung du prix Guggenheim pour l’Europe-Afrique. Élection en tant que membre extraordinaire de l’Akademie des Künste de Berlin. Exposition de nouveaux tableaux à la Galerie de France qui l’engage sous contrat. Rétrospective de dessins (1921-1938) à la Galerie Craven à Paris.

 

1957

Une troisième série de lithographie et de gravures voit le jour. Hartung lance une série de pastels qu’il poursuivra jusqu’en 1961. Exposition à Kestner-Gesellschaft à Hanovre, par la suite à la Staatsgalerie de Stuttgart, à la « Haus am Waldsee » de Berlin, à la Kunsthalle de Hambourg, au Kunstverein de Cologne ainsi qu’ au Germanisches Nationalmuseum de Nuremberg, Werner Schmalenbach écrit la préface du catalogue. En mars et en avril, expositions particulières à la Kleeman Gallery de New York. Hans Hartung et Anna-Eva Bergman se marient à nouveau.

 

1958

Hartung reçoit comme premier récipiendaire le Prix Rubens de la ville de Siegen. Il est élu comme membre correspondant de la Bayerische Akademie der schönen Künste de Munich. Hans Hartung et Anna-Eva Bergman font construire d’après leurs propres plans à Paris, rue Gauguet non loin du parc Montsouris, un nouvel atelier qu’ils occuperont l’année suivante. Participation à l’exposition mondiale de Bruxelles et à d’autres projets internationaux.

 

1959

Participation à la Documenta II. Rétrospective au musée d’Antibes, exposition de pastels à la Kleeman Gallery de New York. Vers la fin des années cinquante, début de la constitution par Hartung d’un vaste catalogue de son œuvre à usage privé, et grâce auquel il lui sera plus facile de se référer à certaines de ses œuvres issues d’une production devenant de plus en plus importante. Ce catalogue, qui comptera à la mort de Hans Hartung plusieurs dizaines de classeurs, contient à peu près toutes les œuvres donc chacune est référencée à l’aide d’une photo, d’une esquisse et de nombreuses indications.

 

1960

Hartung obtient à l’unanimité le Grand Prix de Peinture à la Biennale de Venise, une pièce du pavillon français est entièrement consacrée à son œuvre. Lors de cet hommage il rencontre la confirmation de son parcours artistique : En 1960 une distinction me combla plus encore que tous les honneurs militaires (…) J’étais enfin sorti de l’obscurité des années noires. Publication d’une monographie sur Hans Hartung qui est due à la plume de R.V. Gindertael. Hartung est fait officier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Un changement fondamental intervient dans sa technique de création. Il utilise à présent pour sa peinture des couleurs vinylique séchant rapidement et que l’on peut diluer : elles lui permettent de parvenir également directement et spontanément à la forme recherchée, sans passer par le report d’esquisses, le tout étant réalisé sur des toiles grand format. Dès 1960, je me mis à improviser directement, même sur les grandes toiles, sans passer par des esquisses préalables (…) Souvent je ne touche pas à certains accidents, certaines ratures ou contradictions qui ont influé sur la création du tableau et qui lui ont donné plus de vie.

1961

Début d’une nouvelle phase dans l’œuvre de Hartung qui est caractérisée par le tracé par grattage de lignes graphiques dans la peinture encore fraîche. Dans ma jeunesse (entre 1928 et 1938), j’avais exécuté quelques eaux-fortes et j’en ai fait d’autres en 1953. Ce travail de gratter le cuivre ou le zinc est vraiment fait pour moi et cette passion m’a poursuivi jusqu’à avoir encore – vingt ou trente années après – une nette influence sur ma peinture, spécialement dans les années 1961 à 1965, où j’ai pris l’habitude de gratter, avec différents instruments, dans la pâte fraîche des couleurs, couleurs souvent sombres. Hartung pratique depuis cette période l’expérimentation systématique d’un grand nombre d’outils, pour certains très surprenants, servant à peindre et à abraser ; cette expérimentation conduit au fil du temps à un catalogage des différents groupes d’instruments en raison de l’effet particulier recherché pour l’œuvre. Exposition d’œuvres (1922-1939) à la Galerie de France. Il est fait officier de la Légion d’Honneur. Participation à différentes expositions d’art français organisées à Moscou et à « Paris, carrefour de la peinture entre 1945 et 1961 » qui a lieu au Stedelijk van Abbe-Museum à Eindhoven Présentation de pastels à Milan, Rome, Madrid, Cordoba et Beyrout.

 

1962

Exposition de nouveaux tableaux à la Galerie de France. Les lignes obtenues par grattage se réduisent de plus en plus fréquemment à quelques griffures qui s’inscrivent à présent dans les surfaces obtenues par la technique au jet. Pendant cette période de «  grattage » s’infiltrait lentement une tendance aux grandes surfaces soufflées. Mon travail alors, à cette époque, était le résultat de la rencontre entre deux techniques qui, toutes deux, me permettaient des formes et des signes que je cherchais à extérioriser. J’avais trouvé un moyen pour souffler la couleur sur la surface de la toile ‑ d’abord à l’aide d’un aspirateur inversé et plus tard par l’air comprimé ‑ et j’employais ces deux techniques simultanément.

 

1963-1964

A la Erker-Presse de St. Gall une nouvelle série de lithographies voit le jour. Rétrospective itinérante composée de 120 toiles, 150 dessins et pastels et d’une sculpture au Kunsthaus de Zurich, Museum des 20. Jahrhunderts de Vienne, à la Kunsthalle de Düsseldorf, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles et Stedelijk Museum d’Amsterdam.

 

1964

Au cours de l’été Hans Hartung et Anna-Eva Bergman entreprennent un voyage en bateau le long des côtes norvégiennes, au-delà du cap Nord jusqu’à la frontière soviétique. Ils reviennent du voyage avec environ un millier de photos, Hartung est depuis sa jeunesse passionné de photographie. J’ai la manie de tout photographier parce que la photo est ma seconde mémoire. Fixé sur la pellicule, le souvenir reprend toute sa force, toute son acuité, réveille les circonstances. La direction du Carnegie Institute de Pittsburgh l’invite à faire partie du jury; c’est son premier déplacement aux USA. Il reçoit la Grand-Croix de l’Ordre du Mérite de la République Fédérale d’Allemagne. Cela m’a prouvé que certains de mes compatriotes comprenaient les raisons qui m’ont poussé, en me battant contre l’hitlérisme, à me battre contre mon pays. Et comme, en France, je suis décoré de la Croix de guerre, de la Médaille militaire et que j’ai été fait commandeur de la Légion d’honneur, je crois bien être un des seuls civils (…) à avoir reçu des décorations des deux côtés! Participation à la Documenta III ainsi qu’à l’exposition « 54-64 . Painting and Sculpture of a Decade » à la Tate Gallery de Londres. La Galerie de France lui consacre une autre exposition exclusive avec de nouveaux tableaux.

 

1965

Exposition de l’œuvre graphique complète produite jusqu’à ce jour Städtisches Museum de Brunswick à l’occasion de la publication du catalogue raisonné des productions graphiques (1921-1965) par la Galerie Rolf Schmücking.

 

1966

Pour la première fois des œuvres au jet voient le jour, essentiellement de grand format et sans dessins supplémentaires. Ces œuvres vivent entièrement de la présence de taches sombres qui dominent le tableau en étant déposées sur un fond d’une autre couleur. Hartung atteint ici, en se référant aux glacis des maîtres anciens, Le miracle de ces passages presque imperceptibles où la pureté des couleurs reste intacte mais où elles se fondent (…) Par ces grandes masses brunâtres ou noires, j’essayais de saisir de l’intérieur, de m’identifier aux tensions atmosphériques et cosmiques, aux énergies, aux rayonnements qui gouvernent l’univers. Présentation du livre de Will Grohmann « Hans Hartung – Aquarelles 1922 » à la librairie La Hune à Paris, par la suite à la « Galerie im Erker » à St. Gall où Hartung crée à la même époque une série de nouvelles lithographies. Rétrospective au Museo Civico de Turin avec un ensemble d’environ 200 œuvres ; exposition de nouvelles toiles à la Galerie André Emmerich à New York. Deuxième voyage aux USA. À l’invitation de l’UNESCO Hartung se rend au symposium international « L’art de l’Est et de l’Ouest » qui se tient au Japon. Participation aux expositions successives « Vingt peintres français » qui ont lieu en Belgique, au Luxembourg et au Danemark ainsi qu’à l’exposition « 10 années d’art vivant 1955-1965 » à la fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence.

 

1967

Publication du livre de Umbro Apollonio consacré à la peinture de Hartung. Le jury international de la septième Biennale internationale de gravure à Ljubljana lui décerne le prix d’honneur. Il est nommé commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres. En compagnie de Arp, Magnelli et d’Anna-Eva Bergman, une exposition a lieu au musée de Saint-Paul-de-Vence que l’on retrouve à « Expo’ 67 » dans le Pavillon français de la Communauté européenne à Montréal, à l’exposition internationale de Pittsburgh et lors de la présentation de « 10 années d’art vivant 1955-1965 » à la fondation Maeght.

 

1968

Ensemble avec sa femme, Hartung commence à construire une maison et deux ateliers dans une vieille oliveraie près de Antibes. Il avait lui-même conçu le plan pour cette construction singulière dont la réalisation prendra 6 ans. La maison pour moi, c’est un cube. Des cubes blancs aux lignes simples comme la maison des pêcheurs espagnols de l’île de Minorque, ou du sud de l’Espagne, comme celle que nous avions fait construire à Fornells. La nôtre, celle d’Antibes, leur ressemble. (…)Les jeux du soleil et de l’ombre, la lumière reflétée sur les murs et les plafonds par la blancheur des lames savamment inclinées des persiennes valent, pour un peintre, bien des toiles. Et puis les fenêtres me servent de tableaux. A travers elles s’inscrit le paysage immuable mais pourtant toujours différent d’un ciel frémissant à travers les feuilles argentées des oliviers. Rétrospective au City Museum et à la Art Gallery de Birmingham. Exposition d’oeuvres graphiques à la Galerie Hollar de Prague. Hartung participe également à l’exposition „La Peinture en France de 1900 à 1967“ à la plusieurs musées des Etats Unis et du Canada ainsi qu’à l’exposition „L’art moderne 1965 – 1968“ de la Fondation Maeght. Il exécute plusieurs reliefs en céramique dans les ateliers de la Fondation. Ce travail lent et minutieux ne me disait pas grand‑chose. Mais je voyais dans les plaques de terre molle la possibilité de travailler en profondeur (…) Là je pouvais taper, gratter, inciser profondément ou légèrement. Une vraie joie que de ramasser, pétrir, d’inventer des formes irrégulières, de maltraiter la terre pour en rythmer la surface! Hartung sera nommé Commandeur de la Légion d’honneur.

 

1969

Le Musée National d’Art Moderne de Paris, lui consacre une très importante rétrospective (plus de 250 œuvres). Une très grande partie de cette exposition est ensuite exposée au Museum of Fine Arts de Houston, au Musée de Québec et au Musée d’Art Contemporain de Montréal. Expose ses gravures à la Galerie de France à Paris et dans la salle d’honneur de la VIIIème Biennale de gravures de Ljubljana en Yougoslavie.

 

1970

Il reçoit le Grand Prix des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Exposition internationale au Museum of Fine Arts de Osaka “Expo’70”.

 

1971

Hans Hartung illustre de quinze lithographies originales, le livre de poèmes de Jean Proal « Farandole » (Editions Poligrafa, Barcelone). Il réalise également pour l’éditeur Gustavo Gili, à Barcelone, un album de cinq gravures sur cuivre «Las estampas de la Cometa ». Exposition à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence de grands formats de 1961-1971. Exposition à Lefebre Gallery à New-York de toiles et de peintures sur carton. Participe à l‘ « Hommage à Christian et Yvonne Zervos » aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris.

 

1972-1973

Achèvement de la construction des ateliers et de la villa de leur propriété « Le Champ des Oliviers » à Antibes d’après des plans conçus par Anna-Eva Bergman et Hans Hartung. Dorénavant il ne vivra qu’à Antibes sauf pour quelques brefs séjours à Paris. Le Président de la République française Georges Pompidou accroche dans les salons du Palais de l’Elysée à Paris des œuvres de Hans Hartung.

 

1974

Plusieurs manifestations et publications célèbrent le 70ème anniversaire de Hans Hartung. Exposition « Hartung 1971-1974 » à la Galerie de France. Une rétrospective au Wallraf-Richartz-Museum de Cologne, correspondant au 150ème anniversaire de la fondation du musée et la parution d’un numéro spécial de la revue « Cimaise » consacré à Hans Hartung. L’éditeur, Albert Skira, publie l’ouvrage « Un monde ignoré vu par Hans Hartung », poèmes et légendes de Jean Tardieu, accompagné de reproductions de photographies de pierres de Hans Hartung.

 

1975

Une exposition rétrospective de Hans Hartung est présentée à la Nationalgalerie, Berlin et à la Städtische Galerie im Lenbach-Haus de Munich. Le Metropolitan Museum de New York expose dans trois salles 27 œuvres monumentales et récentes de Hans Hartung.

 

1976

Hans Hartung publie, aux éditions Grasset, un livre de souvenirs « Autoportrait » écrit en collaboration avec Monique Lefebvre. Citoyen d’honneur de la ville d’Antibes.

 

1977

Elu membre de l’Institut Académie des Beaux-Arts, Paris. Elu membre de l’Ordre pour le Mérite für Wissenschaften und Künste, Bonn. Première exposition de photographies au Cercle Noroit à Arras. Depuis quelque temps, la photographie prend de plus en plus d’importance pour Hartung, qui dès sa prime jeunesse s’était beaucoup intéressé à cet art. Il se décide, puisqu’on le lui demande, à exposer ses photos publiquement. Le Centre Georges Pompidou organise durant quatre années, une exposition itinérante de lithographies et gravures de Hans Hartung à travers la France.

 

1979

Musée Picasso, Antibes Toiles 1962-1979 et céramiques.

 

1980

Une exposition personnelle restreinte aux œuvres d’avant la guerre de 1939 est inaugurée au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris par son maire, Jacques Chirac, qui, à cette occasion, remet à Hans Hartung la Médaille de Vermeil de la Ville. En décembre, émission d’un timbre-poste Hartung. A la même occasion, le Musée de Poste à Paris, organise une exposition de toutes les tapisseries et de nombreuses gravures sur bois de Hans Hartung et de sa femme, Anna-Eva Bergman.

 

1981

Un an après la mort d’Oscar Kokoschka, le gouvernement autrichien décide de créer un prix Kokoschka, Hartung est le premier à le recevoir. La Städtische Kunsthalle à Düsseldorf et la Staatsgalerie Moderner Kunst à Munich organisent une grande exposition rétrospective. Une exposition rétrospective est également organisée par la Fondation Henie-Onstad en Norvège. L’ « Autoportrait » de Hans Hartung traduit en allemand est présenté à l’Akademie der Künste à Berlin

 

1982

Cette année là, Hans Hartung se voit consacrer une salle personnelle permanente à la Staatsgalerie Moderner Kunst à Munich. La salle se compose d’une donation de l’artiste ainsi que de tableaux achetés par le musée. Inauguration d’une exposition itinérante de photographies au Centre Georges Pompidou, exposition qui a circulé pendant plusieurs années et qui a été montrée, entre autre, à la Hochschule für angewandte Kunst de Vienne.

 

1983

Le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur inaugure au Musée d’Antibes, une exposition itinérante de photographies qui a durée deux années. Exposition au Kupferstich-Kabinett der Staatlichen Kunstsammlungen de Dresde des 61 lithographies et gravures que Hans Hartung leur a offertes pour leur collection.

 

1984

Ouverture d’une salle Hartung permanente au Hessisches Landesmuseum à Darmstadt, dans leur nouveau musée pour l’art moderne. Cette salle se compose de 11 toiles, pour la plupart de très grandes et en partie une donation de l’artiste. Hans Hartung est élu Membre de l’Ordre de Maximilian de Bavière pour la Science et l’Art. Il a le grand honneur aussi de recevoir, en même temps, la Grand-Croix de l’Ordre de Mérite de la République Fédérale d’Allemagne, avec étoile.

 

1985

Il reçoit la grande plaque bimillénaire de la Ville de Paris à l’occasion de son exposition « Grands formats 1971-1984 » organisée par l’Association pour la Promotion des Arts dans la Salle de Saint-Jean à l’Hôtel de Ville de Paris.

 

1987

Exposition au Musée Picasso à Antibes – « Premières peintures 1922-1949 ». Mort de Anna-Eva Bergman le 24 juillet. Citoyen d’Honneur de la Ville de Belfort.

 

1988

Quatre expositions importantes cette année, au Palazzo dei Diamanti à Ferrare, au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne, à la Chapelle de la Sorbonne à Paris et à l’Abbaye des Cordeliers à Châteauroux. Citoyen d’Honneur de la Commune de la Gaude.

 

1989

Hans Hartung est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur par François Mitterand, Président de la République. Le 21 septembre, il fête son 85ème anniversaire dans les salles de son exposition au Musée d’Unterlinden à Colmar. A la même occasion, il visite la maison à Bâle, toujours la même, où il a vécu de 1912 à 1914. Le 7 décembre, Hans Hartung décède à Antibes.

 

1994

Création d’une fondation reconnue d’utilité publique sous le nom de Fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman